Cent Mètres Papillon | Maxime Taffanel

Nous sommes le 11 janvier 2019.

Je suis à Rouen depuis quatre jours et pour quatre mois. Ce soir-là, je fais la queue au Théâtre de l’Étincelle. Vous savez, ce genre de petite salle réhabilitée dans un ancien lieu chargé d’Histoire. Ici, c’est la Chapelle Saint Louis qui s’est vue proposée une seconde jeunesse.

On me conseille un spectacle : celui de Maxime Taffanel, ex nageurs de haut niveau, devenu comédien. Ce spectacle, c’est son histoire, celle de Maxime, devenu pour l’occasion le jeune Larie. Ce spectacle, c’est 100 mètres papillon.

Aïe aïe aïe, c’est complet… Je suis donc là, dans le froid de Janvier, sur une liste d’attente, pas la premier, mais motivé. Car rassurez-vous, après un long moment d’angoisse, me voilà ticket en main, franchissant le pas de la porte, direction un strapontin qui m’attend au cœur de Rouen.

Les lumières se tamisent, Maxime est là, sur scène, l’aventure commence. 

Je ressors de cette salle enthousiasmé, conquis, rempli d’émotions, impressionné par ce jeune comédien. J’ai ri, j’ai aimé, je m’y suis plongé. Une seule question hante mon esprit : à quand son arrivée à Paris ? 

Je le sais, ce spectacle trouvera son public et je l’espère, son Molière. 

Un an et demi plus tard, le théâtre de Belleville donne vie à cet espoir : Maxime Taffanel est de retour tous les soirs. Rempli de joie, me voilà plongeant à nouveau dans le grand bain du collectif Colette. 

Cette fois-ci, j’ai l’impression d’apprécier encore plus l’instant. Sachant où je vais, je me laisse sombrer sans inquiétude, me laissant embarquer dans l’aventure du héros. Je remarque un travail sonore fabuleux qui ne m’avait pas autant marqué à la première visite. Tout est millimétré, chaque note vient accompagner le propos, sublimer la parole, porter le corps et le mouvement.

Et ce qui me fascine toujours autant, c’est la présence corporelle de Maxime. Il nage dans le vent, au milieu du vide et pourtant, les gestes, d’une précision impeccable, nous laissent imaginer l’eau. Comme au sein même d’une piscine olympique, comme si le plot de départ était sous nos yeux, comme une petite souris assistant discrètement à une compétition.

Chaque compétiteur est interprété par Maxime, on s’attache à certains, on en déteste d’autres, on supporte Larry, espérant le voir réussir, espérant le voir s’épanouir. La création lumière vient renforcer les traits de certains, dramatiser et horrifier le personnage du coach, faire sombrer le personnage de Larie, accompagner une danse de la natation endiablée…

Nous assistons à cette histoire, celle que Maxime a souhaité nous transmettre, celle qu’il a vécu avant de remonter à la surface.

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Cent Mètres Papillon – Théâtre de Belleville > 29 novembre 2020

Les Samedis et Dimanches à 17h | Relâche le Dimanche 15 novembre

https://www.theatredebelleville.com/programmation/a-venir/cent-metres-papillon

https://www.collectifcolette.fr/spectacles/cent-mètres-papillon/